Prévention des noyades : une formation inédite pour les collégiens landais

 

ARTICLE SUD-OUEST DU 3 octobre 2026

Benjamin Ferret, b.ferret@sudouest.fr

Alors que 80 % des noyades ont lieu en milieu naturel, les nageurs sauveteurs du dispositif NSXL et le Conseil départemental ont mené une expérimentation avec 24élèves dans les eaux du lac de Léon

 

«Ça fait peur, quand on ne voit plus le fond et qu’on n’a plus pied.» Lilou est en classe de sixième au collège Lucie-Aubrac de Linxe(40). Elle a beau «savoir nager», la plage, pour cette jeune fille âgée de 11ans qui grandit m quelques kilomètres de l’océan Atlantique, c’est sur le sable et pas dans l’eau : «J’ai trop peur des vagues et des courants.»

«Cela n’a rien d’anormal! Ce n’est pas parce qu’on a appris m nager en piscine que l’on va savoir nager en milieu naturel», la rassure Clément Coudroy. Chargé de mission auprès du rectorat de Bordeaux, enseignant d’EPS et chef d’un des postes occupés par les nageurs sauveteurs m la puissance XL (NSXL) du syndicat mixte de gestion des baignades landaises (SMGBL), il fait partie des encadrants d’une inédite expérimentation menée dans les eaux et sur le sable du lac de Léon durant quatre journées de cette dernière semaine du mois de septembre.

Pour cette «première en France», quatre séances d’apprentissage de la natation, une initiation au sauvetage côtier tel qu’il est pratiqué sur les plages des Landes, un cours de secourisme ainsi que deux interventions, sur le cycle de l’eau et l’histoire des étangs landais, sont au programme des 24 collégiens linxois, répartis en deux demi-groupes.

 

Le «dolphin»

 «Encore un ‘‘dolphin’’», lance, au matin de ce mardi 29septembre, l’un des quatre nageurs sauveteurs NSXL investis dans l’opération. Cette consigne, demandant aux collégiens de plonger dans l’eau bras en avant pour se mettre m nager, a de quoi surprendre tous ceux qui ont fait, naguère, leurs gammes nautiques en enchaînant les longueurs et les quatre nages.

«L’enseignement de la natation est obligatoire en classe de 6e. Mais durant cette semaine en milieu naturel, avec des eaux qui ne sont pas toujours les mêmes sur cette immense surface qu’est le lac de Léon, on propose un apprentissage différent, complémentaire de ce qui sera fait en piscine au printemps prochain», apprécie Laurent Bedat, leur enseignant d’éducation physique et sportive (EPS).

 

Le côté technique de la nage est ainsi le dernier abordé durant ces séances, comme l’explique Clément Coudroy: «L’essentiel, c’est qu’ils parviennent m être m l’aise, on leur fait travailler la respiration, les appuis dans l’eau, leur alignement. On leur apprend comment gérer leur énergie, utiliser leurs bras pour améliorer leur propulsion, et aussi savoir se sauver et appeler m l’aide.»

«Flottabilité»

 Ces compétences sont dispensées au travers d’ateliers et de parcours ludiques. Pour leurs immersions, les collégiens alternent entre leurs maillots de bain et des combinaisons de néoprène, afin qu’ils puissent mesurer la différence de

«flottabilité» de leurs corps immergés dans un milieu liquide. Partis loin dans le lac léonnais, certains adolescents font une pause dans la position de «l’étoile de mer» pour se reposer, avant de revenir m terre sous l’escorte de deux nageurs sauveteurs XL montés sur leur paddle jaune bordé de rouge.

«D’être avec eux, ça me donne envie de devenir sauveteur quand je serai plus grande!» s’enthousiasme Janna durant le pique-nique de la pause méridienne. Une première journée de stage a suffi m effacer ses craintes. «Les sauveteurs nous font oublier que le lac est si grand. Ils sont très attentifs et très drôles. Et en plus, ils nous expliquent plein de choses qui pourront nous servir quand on va m la plage.»

Sensibiliser ce jeune public aux risques de l’océan fait en effet partie des objectifs majeurs de la semaine, puisque «80% des noyades se produisent en milieu naturel». Les nageurs sauveteurs impliqués dans le projet ont créé leurs séances m partir «des comportements observés depuis le mirador». Entre les exercices, les mots «courants», «baïnes» et autres «rouleaux de bord» déferlent dans le récit de leurs interventions.

Nouveaux créneaux

 En regard des sept équipements aquatiques publics accessibles aux scolaires dans les Landes, ces cours de natation en milieu naturel ont aussi pour but de montrer qu’une alternative pédagogique est possible.

Soutenue par l’État m hauteur de 3000euros, l’expérience devrait donc être proposée m nouveau durant cette année scolaire, comme le laisse entendre la coordinatrice sports et nature du Département, Laurence Queury. «On va prioriser les collèges qui n’ont pas de piscine sur le territoire.»

Clément Coudroy voit quant m lui un peu plus loin, de la «formation des professeurs d’EPS» pour multiplier les séances en milieu naturel, jusqu’m la possibilité d’exploiter un autre terrain d’apprentissage: «L’idéal, ce serait une année avec des cours en piscine, en lac et m l’océan.»

 

ARTICLE SUD-OUEST DU 3 octobre 2026

Benjamin Ferret, b.ferret@sudouest.fr

 

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